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Jim Queen de Marco Nguyen, Nicolas Athané

Un film de Marco Nguyen, Nicolas Athané

Avec: Alex Ramirès, Jéremy Gillet, Shirley Souagnon, François Sagat, Elisabeth Wiener, Harald Marlot, Alexandre Brik

Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité…

Notre avis : ★★★

Connu pour son humour très adulte et son animation trash, le studio d’animation français Bobbypills propose un premier long-métrage qui ne détonne pas du reste de sa filmographie – Vermin, Crisis Jung, etc. Rempli d’autodérision et de sarcasme, Jim Queen est un film fait pour et par la communauté homosexuelle, qui apporte une belle visibilité en ce mois des fiertés. Mettant en avant les quartiers et évènements queer parisiens avec de nombreuses références – Le Marais, les boites de nuit, . . . – le film se veut à la fois réaliste et fantastique. Le personnage de Lucien, enfermé dans sa tour de béton par une mère terriblement homophobe, se retrouve avec les mêmes caractéristiques qu’une véritable princesse Disney. A sa première apparition, il chante d’une voix douce son identité cachée et son besoin d’émancipation afin de trouver le grand amour. Cette dimension fantastique se retrouve aussi dans leur quête initiatique afin de retrouver le docteur capable de soigner l’hétérose, cette terrible maladie qui rend le monde entier hétérosexuel. Chaque étape est un prétexte pour découvrir une autre partie de la communauté – les Bears, les Kiffeurs, ou encore les Drag – et permet à Jim, son personnage principal égoïste et, avouons-le, quelque peu détestable, de se remettre en question et réparer ses torts. Le film est bourré de jeux de mots et de références – en voici une courte liste non-exhaustive : la gaystapo, les clichés sur les hommes hétérosexuels, le gaydar comme un véritable pouvoir, et encore bien d’autres . . . – énoncés par des personnages tous plus dramatiques les uns que les autres. Mais dans tout cela, Jim Queen semble oublier les femmes : aucune lesbienne en bermuda, cheveux courts et bague au pouce à l’horizon, et seulement deux femmes importantes au sein du récit – Nina, la meilleure amie de Jim, et l’horrible mère de Lucien. Et bien qu’avoir fait le choix de se concentrer sur une seule partie de la communauté, plus connue par les réalisateurs, soit compréhensible, on regrette tout de même cette invisibilisation des autres lettres formant la communauté LGBTQIA+.

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