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Jeunesse en sursis: prémonitoire …

Stop-Zemlia de Kateryna Gornostai avec Maria Fedorchenko, Arsenii Markov, Yana Isaienko, Oleksandr Ivanov

C’est l’avant-dernière année de lycée de Masha, Iana et Senia. Parmi les plantes en pot florissantes de la salle de classe et au son d’une leçon de biologie sur les signes physiques du stress, les jeunes protagonistes se débattent avec eux-mêmes et les uns avec les autres. Masha, 16 ans, est le centre tranquille du premier long métrage de Kateryna Gornostai. Évitant les récits simplifiés et la psychologie trop simpliste, le film la dépeint comme une personne introvertie, sensible et amoureuse de Sasha, un autre camarade de classe dont l’attitude distante et la passivité constituent pour elle un défi perpétuel. Lorsque Masha danse seule dans sa chambre la nuit, au-dessus des toits d’une ville quelque part en Ukraine, rien de tout cela ne semble mis en scène. Il s’agit plutôt d’une invocation du moment présent, d’une émotion authentique – et de la douleur.

Jeunesse en sursis (Stop-Zemlia) est le premier film de la jeune réalisatrice Kateryna Gornostai. Tourné en Ukraine le film explore les sentiments et les questionnements de jeunes lycéens en proie à leur avenir, mais aussi au temps présent, à l’amour et l’amitié.
Entremêlant les formats film et documentaire, nous suivons tour à tour chaque élève d’une classe de terminale. L’intrigue se tisse notamment autour de Masha et ses amis, et de Sasha, dont Masha est amoureuse. Le film n’a rien d’un premier film académique et Kateryna Gornostai arrive à faire coïncider deux genres dans une exploration intimiste de chaque protagoniste et de leurs ressentis, du rapport à autrui -la famille, les amis- à cet âge où les questions sont plus nombreuses que les réponses.
De jolis plans se répondent au sein de ce long-métrage, s’agissant de Sasha filmé de face, avançant avec le reste de sa classe, ou de Masha et les autres filles filmées de la même manière. Alternant gros plans sur des détails, tels que des expressions du visage, une conversation sur le téléphone portable et plans larges, le film explore les émotions personnelles mais aussi les émotions que nous pouvons ressentir au sein d’un groupe social plus large.
Implicitement, le film en dit beaucoup sur le contexte social et politique ukrainien, abordant les difficultés à trouver une place dans l’éducation supérieure mais pouvant aussi évoquer la guerre du Donbass à travers la réaction de Senya lors d’une séance de tir.
Mais ce long métrage est surtout un film sur les jeunes et pour les jeunes. A travers des histoires personnelles auxquels les jeunes adultes peuvent se comparer, Kateryna Gornostai livre un message d’espoir et de réconfort, qui se résume dans le sous-titre du film « If you don’t dare, you’ll never know ».

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