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Une aube nouvelle de 四宮義俊 (Yoshitoshi Shinomiya)

Un film de 四宮義俊

Avec: Riku Hagiwara, Kotone Furukawa, Miyu Irino, Takashi Okabe萩原利久, 古川琴音, Miyu Irino, 岡部たかし

Demain, la fabrique Obinata de feux d’artifice, fondée il y a 330 ans, risque d’être administrativement saisie pour être détruite. Keitarō, fils de l’ancien patron aujourd’hui disparu, continue d’habiter seul dans la maison et poursuit la vision de son père en travaillant sur le Shuhari, un feu d’artifice mythique représentant l’univers tout entier. Il est rejoint par son frère Chicchi et de son amie d’enfance Kaoru, hantés par les souvenirs du passé, pour peut-être faire naître une nouvelle aube…

Notre avis : ★★

Nous ne savions précisément à quoi nous attendre avec ce film d’animation japonais en sélection. Les premières images apportent réponse sans appel, nous sommes sur une proposition qui rejoint tout autant les studio Ghibli que l’univers manga au sens large. Les premières images convoquent un univers avec précision, symbolisme, mais aussi des motifs comiques que l’on pouvait déjà entrevoir dans Goldorak. Le dessin prévoit des planches qui accordent une très grande précision aux décors, à rendre la nature merveilleuse et belle, mais il s’accorde aussi le loisir de dépeindre des personnages caricaturaux, que ce soient dans leurs gestuelles, leur énergie débordante, ou les expressions faciales très exagérés, empreint au théâtre japonais ou oriental également (que l’on peut aussi retrouver en occident dans la comedia dell’arte, ou le théâtre de guignol). Les personnages s’embrouillent, se chamaillent, se battent, se combattent, par joutes verbales, ou à coup de bâtons, manquent de tomber dans le vide, dans une grande frénésie, qui s’écarte de tout rapprochement du réel. Nous suivons pourtant une jeune femme, invitée à s’extirper de sa condition provinciale, et à suivre un chemin très différent, universitaire, en ville, avant, nous ne le savons pas encore, de revenir sur ses terres originelles, et poursuivre le dessein de son père. Un manga très largement allégorique, mais aussi volontairement incompréhensible dans ses dialogues, pensés plus comme des éléments d’ambiances que de véritables repères narratifs, l’idée d’ensemble consistant à faire perdre au spectateur son rapport au réel, pour pouvoir accepter à sa juste valeur le mélange surnaturel et magique que tout le film prépare. Son seul but (réussi) : proposer un spectacle son et lumière flamboyant. En cela, nous sommes très proches de la féérie de Miyazaki, sans son universalisme – le film parlera plus aux adultes qu’aux enfants probablement. Au final, Une nouvelle aube nous offre un moment plaisant.

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