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The Basics of Philosophy de Paul Schrader

Un film de Paul Schrader

Avec: Dana Delany, Bill Pullman, Sofia Boutella, Jack Huston, Karl Glusman, Daniel Zovatto, Shiloh Fernandez, Jamie Addison, Brandon Davis, Rufus Burns

John Jorissen enseigne la philosophie dans une petite école d’arts libéraux du Midwest américain et écrit actuellement un ouvrage sur Spinoza. Sa vie s’articule autour de l’enseignement, de l’écriture et des moments passés avec sa compagne Becca, également professeure, et le fils adolescent de celle-ci, Willie. Jorissen est intelligent, sérieux et distant. Un événement de son passé le tourmente.
Lorsque son père, Melvyn, dont il était éloigné, décède, l’apparition soudaine d’un jeune homme, Miguel Basque, bouleverse Jorissen lors des funérailles. Des flash-backs révèlent qu’un incident s’est produit entre Jorissen et Miguel, le jeune fils du jardinier de la famille Jorissen. Melvyn avait payé le père de Miguel pour acheter son silence et lui offrir une scolarité dans une école privée. En échange, la famille n’avait porté aucune plainte.
Rongé par la culpabilité, la honte et la confusion face à son passé, ainsi que par le soupçon grandissant que le Dieu de Spinoza ne pardonnerait jamais ses actes, Jorissen achète du Nembutal, une poudre létale utilisée pour l’euthanasie. Tiraillé par ses sentiments, Jorissen demande à Becca de l’épouser. Peu après, Becca est abordée par Miguel, qui se sent obligé de lui parler de ce que Jorissen a fait il y a des années. Lorsqu’elle le confronte, Jorissen nie tout. Le film se termine avec Jorissen et Becca devant l’autel, échangeant leurs vœux de mariage, tandis que Miguel, assis sur un banc d’église, est habillé exactement comme lors des funérailles de Melvyn. Le jeune Willie tend l’alliance à son nouveau père tandis que Jorissen pose son regard sur lui.

Notre avis : ★

Paul Schrader revient à la Mostra avec un énième film présenté à la Mostra, The basics of philosphy ici produit par Martin Scorcese et mis en image par Sean Prince Williams (habitué d’Alex Ross Perry, des frères Safdie, mais aussi réalisateur du sympathique The sweat east). Alternant entre très bons films et films anecdotique voire piètre ces dernières années, le fait de voir le film recalé hors compétition laissait entendre d’emblée un opus mineur. La mise en place ne laisse pas réellement de place au doute, pas plus que le titre du film, la philosophie sera abordée sous un angle didactique, presque utilitaire. Le cour magistral initial donné ne renvoie aucunement à quelques beaux exercices de style dans les milieux universitaires de renom, que l’on retrouve dans des films comme le plus bel âge ou mes provinciales côté cinéma français, ou le cercle des poètes disparus côté international, nous allons même jusqu’à craindre dans ce qui ne sera heureusement qu’une fausse piste à un thriller sexuel dans le milieu universitaire, un genre à part entière qui n’a pas produit que des chefs d’œuvre loin de là … Il sera bien question de philosophie, de Spinoza, de la possibilité de changer – notamment d’orientation sexuelle -, de se faire pardonner de l’irréparable, quelques questions philosophiques seront bel et bien posées en relief de l’histoire qui nous est servie (un peu façon soupe) à laquelle il nous est difficile de raccrocher – ou même de croire- tant tout ce qui normalement aurait du amener de la complexité se trouve résolu d’un coup de stylo magique. A ce niveau, le scénario – pourtant objet de majestueuses études de la part de Schrader -, n’a rien de transcendantal … La possibilité du thriller s’invite de nouveau en milieu de film, en même temps que l’intrigue réelle se pose à nous: le passé coupable de ce jeune professeur engoncé, mais qui semblait bien sous tout rapport, et sa rédemption, son chemin de croix. En cela, le film soulève une nouvelle question: que diable Schrader cherche-t-il à communiquer aux spectateurs, en quoi ce film, et la question qu’il pose, renvoie à lui même, à sa propre vie ? Réponse que sa biographie éclairera peut-être un jour, mais pour l’heure, sa rencontre avec Spinoza, à l’image d’un rêve inséré presque par accident et sans aucun brio, n’aura pas vraiment lieu; Schrader s’est tout simplement manqué.

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