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Leviticus d’Adrian Chiarella

Un film d’Adrian Chiarella

Avec: Joe Bird, Stacy Clausen, Mia Wasikowska, Nicholas Hope, Tyallah Bullock, Ewen Leslie, Jeremy Blewitt, Davida McKenzie, Shannon Berry, Julia Grace

Deux adolescents maudits par les étoiles doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus — l’un l’autre.

Notre avis : ★★★

Dans Leviticus, une simple jalousie suffit à faire basculer une relation et par ricochet, à avoir des conséquences sur ceux qui nous entourent. A partir de ce sentiment presque banal, le film installe progressivement un malaise beaucoup plus profond, en faisant du regard de Naïm le point d’entrée dans un récit où l’intime se transforme peu à peu en menace.

La mise en scène joue précisément sur cette ambiguïté. Elle laisse respirer l’action, prend le temps d’observer les personnages mais refuse paradoxalement de montrer veribtabelment ce qui se passe. Le hors-champ devient alors essentiel, ce que le spectateur ne voit pas devient souvent plus inquiétant que ce qui est montré. La caméra se fait insidieuse à l’image de la nature humaine qu’elle observe. Elle semble constamment chercher quelque chose derrière les apparences, sans jamais nous donner toutes les réponses.

Cette approche, faussement simple, permet surtout de faire ressentir le malaise et la peur des personnages plutôt que de les expliquer. En adoptant le point de Naïm, Leviticus enferme également le spectateur dans une perception incertaine des événements. On ne sait jamais totalement ce qui relève de la réalité, de la peur ou de ce que les personnages projettent sur les uns et les autres.

Le film prend alors une dimension particulièrement sombre lorsqu’il aborde les thérapies de conversion. Leur violence ne réside pas uniquement dans ce qu’elles imposent à celui qu’elles prétendent « soigner » mais dans la manière dont elles peuvent progressivement modifier le regard de ceux qui s’aiment. À force de vouloir combattre l’homosexualité, elles finissent par faire émerger le « mal » chez la personne aimée, jusqu’à ce que l’affection laisse place au rejet, voire à la haine.

Malheureusement, une fois son principe compris, le film peine à dépasser son idée initiale. Le malaise fonctionne, la tension s’installe mais Leviticus finit par tourner autour de son dispositif sans jamais l’approfondir. Là où son concept aurait pu ouvrir une réflexion plus ample sur la manipulation, la peur et la destruction progressive de l’amour, le film reste finalement prisonnier de son propre procédé.

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