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Le dernier pour la route (Le città di pianura) de Francesco Sossai

Un film de Francesco Sossai

Avec: Filippo Scotti, Sergio Romano, Pierpaolo Capovilla, Roberto Citran, Andrea Pennacchi, Giuseppe Messina, Denis Fasolo, Tommaso Gianesini, Lorena De March, Gianni Da Re

Carlobianchi et Doriano, deux quinquagénaires fauchés, sont obsédés par une chose : aller boire un dernier verre. Un soir, par hasard, alors qu’ils roulent sans but de bar en bar, ils tombent sur Giulio, un timide étudiant en architecture. La rencontre avec ces deux mentors improbables va profondément transformer la façon dont Giulio voit le monde et l’amour, et dont il imagine l’avenir.

Notre avis : ★★★

Un film hors mode, qui n’aurait pas détonné dans les années 70, mais qui aujourd’hui se fait très rare. Une histoire comme on en fait plus, qui s’intéresse à des laisser pour compte, de vieux briscards dépravés et indignes, que l’on rencontrait si souvent chez Scola ou Blier par exemple. Des anti-héros parfaits, rendus sympathiques par leur impudence, leur liberté de tons, leur anticonformismes, la façon très rock’n’roll qu’ils ont de mener leur vie. Deux magnifiques loosers alcooliques, qui par on ne sait quel miracle, parvienne à s’imposer à un jeune homme que la vie n’a pas encore façonnée. Les voilà parti dans la campagne venitienne, dans des paysages dont le réalisateur avoue qu’ils constituaient son point de départ, son leit-motiv, poétique, voulant montrer le peu de soins que les italiens leur ont accordés (à de nombreuses reprises, et par le prisme du regard du jeune homme, la caméra contemple des paysages enlaidi par des constructions peu heureuses, des bâtisses démolies, des usines polluantes, mais aussi de la pollution visuelle en ville). Nous voilà embarqués dans un très improbable road-trip to nowhere, où les situations rocambolesques se succèdent les unes aux autres, mais avec un fil conducteur très présent. Le jeune homme se surprend à s’éveiller aux côtés de nos deux dépravés, une amitié naît sous nos yeux, dans une quête au final très poétique, qui se joue en permanence des contrastes, et affirme de tout son long le regard bienveillant du réalisateur envers ses personnages, envers une époque qui n’est objectivement plus, envers un cinéma aussi qui n’est plus, libertarien, anticonformiste voire anarchiste. Une belle découverte, que, le court métrage précédent du réalisateur (L’anniversaire d’Enrico) quoi que multi-récompensé (notamment à Premiers Plans) ne laissait pas totalement présager.

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