
Un film d’Auguste Kouemo Yanghu
Avec: Josette Kwanya, Moudjeu Pouadeu Edwige Tatiana
Josette veuve de 75 ans vit seule dans son grand duplex dans le quartier de Ngousso à Yaoundé. Via Zoom ou WhatsApp, elle encourage ses cinq enfants dispersés en Europe à construire une maison au Cameroun. Le but est de les inciter à revenir s’installer auprès d’elle. Benoit, son cadet acquis à la cause, envoie de l’argent pour l’avancement de son chantier. Josette perd sa pièce d’identité et ne peut plus retirer l’argent que lui envoie son fils. Josette demande de l’aide à Sarah, une jeune femme de son quartier qu’elle croise régulièrement dans un cybercafé. De là, va se créer une relation entre les deux femmes, Josette et Sarah s’apprivoisent, se rapprochent et deviennent comme mère-fille.
Notre avis : ★★
Un nouveau récit comme les critiques en réclament, en ce qu’Auguste Kouemo Yanghu explore des personnages rarement montrées au cinéma, des relations rares, des territoires peu montrées, le tout sous un angle très concerné, qui s’écarte de tout naturalisme, exotisme, misérabilisme ou même des traditions, quand il s’agit de raconter une histoire africaine. Un récit qui s’intéresse à Josette, interprétée par Josette Kwanya (décédée à la suite du tournage, le générique lui rend hommage), une femme qui se morfond et regrette que ses enfants aient quitté le foyer, le pays même, et ne se contentent que de relations distantes avec elle. Derrière cette question individuelle de la solitude d’une mère, se pose, en continue dans les débats télévisuels, la question de l’avenir de la jeunesse au pays, mais aussi du besoin que le pays a que les expatriés aident au développement du pays et reviennent au pays. Sa rencontre avec Sarah, une jeune femme pleine de sympathie, qui viendra lui proposer un étrange pacte, sera pour Josette une éclaircie dans une vie moribonde, le temps d’une vie familiale fictive reconstituée, elle s’ouvre de nouveau et paraît moins coincée dans ses valeurs et aigreurs. Cette jolie rencontre nourrit le film, tout autant que quelques rebonds narratifs, eux aussi hors sentiers battus, même si la mécanique narrative suit une trame somme toute conventionnelle. Le film pêche davantage sur la forme qui reste très sommaire, sans évolution ou révolution narrative, sans effet particulier de mise en scène, rappelant l’adage que Céline aimait citer : « des récits, il y en plein les chaumières, ce qui compte, c’est le style ! » Sauf que le cinéma nourrit de nombreuses ambitions, et comprend plusieurs fonctions, celle de divertir, faire penser ou réfléchir, communiquer, transmettre, éduquer, éblouir, faire voyager, émouvoir pour n’en citer que quelques unes qui raccrochent, un tant soit peu, ou pour partie, au récit. En l’occurrence, la maison du vent intéresse plus qu’il ne captive ou transcende, ce qui n’est pas donné à tous les films.

