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Kvinde ukendt de May el-Toukhy

Un film de May el-Toukhy

Avec: Mathilde Arcel Fock, Carsten Bjørnlund, Thorbjørn Hedegaard, Marina Bouras, Mia Plantin, Sofia Nolsøe Mikkelsen

Synopsis: Aucune description disponible.

Notre avis : ★

Mais pourquoi diable sortir ce film aujourd’hui ? Certes l’Histoire a tu certains agissements qui ont suivi la libération, au nom de la précaution, du « plus jamais ça », certes, parmi les résistants, certains furent des collabos qui ont retourné leurs veste, mais est-ce un sujet à porter à l’écran maintenant, alors que l’idéologie d’extrême droite est banalisée avec les résultats que l’on observe sur l’opinion … Quel intérêt (et quelle pertinence ou urgence) y a-t-il à vouloir signifier cela, à faire le malin et à dire, « eh oh, vous vous rendez compte quand même, on nous a raconté qu’une partie de l’histoire, pas tout, y avait des résistants qui étaient méchants aussi ! » Quelle intelligence à user d’une telle lapalissade ? Voilà, le film pose avec lui la question de la lecture morale que l’on peut faire d’un film. Un chausse trappe pour tout critique, surtout à une époque où la critique devient plus que jamais, pour son plus grand mal et de manière dangereuse, moral. May el-Toukhy, pense peut être, parce qu’elle use de radicalité et expose un cas de conscience se rapprocher de l’impact du cinéma politique de Pasolini, et d’ainsi livrer son Salo à elle, un objet assumant d’être naturellement rejeté, rejetable et pensé pour l’être ? Elle décide en tout cas de placer son héroïne, une bonne qui deviendrait d’un coup de baguette magique une nouvelle riche, en victime, même si ses agissements et ses choix nous sont exposés discutables et non sans conséquences, qu’il s’agisse de tomber amoureuse – le suppose-t-on- d’un soldat allemand; ce qui a le mérite d’embrasser la question de l’amalgame – tous les soldats allemands étaient ils nazis et à mettre sur le même pied d’égalité dans la dégueulasserie, le même pilori, qu’Hitler ? -, qu’il s’agisse de vouloir se remarier avec un grand bourgeois austère … aux allures nazis … dont la morale sera, le temps de son seul véritable dialogue questionné, ou qu’il s’agisse enfin et surtout de sauver sa propre peau en dénonçant la voisine à sa place, pour échapper à la barbarie des résistants vengeurs, qui sans discernement, tondent les femmes collaborationistes et les humilient. Une variation intelligente de – une réponse à ? – Journal d’une femme de chambre ? La nouvelle Pasolini ? Ou plutôt la nouvelle Giannoli ?

A l’instar du rayon et des ombres, film très acceptable sur la forme, sur le fond, beaucoup d’encre peut couler quant à la lecture de l’histoire modifiée, altérée à des fins dramatiques [comme le font, généralement dans l’autre sens, les films d’histoire glorifiant des héros, la saga De Gaulle en étant un excellent contre exemple], beaucoup de débats peuvent s’en suivre, des débats qui ne relèvent pas du cinéma en tant que tel, ou de la critique cinématographique, si ce n’est, sur le plan philosophique, éthique, et donc esthétique. Cinématographiquement parlant donc, Kvinde ukendt (Woman Unknown) présente pourtant quelques intéressantes qualités de mise en scène, sans maestria ceci dit, du côté des cadres, des jeux de miroirs ou encore des transitions entre plans fluides et parfois déroutantes, mais l’écriture très appuyée, la radicalité malvenue, puisque ton sur ton, sa pensée douteuse (allez soyons gentils, nous sommes sur une intention centriste, de dire que les méchants sont aux deux extrêmes), renvoie le film à ce qu’il est, un acte prétentieux, un film politique de troisième rang, sans puissance aucune, que l’histoire (cinématographique) rejettera probablement aux oubliettes.

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