
Un film d’Anke Blondé
Avec: Jan Hammenecker, Arieh Worthalter, Éric Godon, Dima Savyan, Thibaud Dooms, Janne Desmet, Verona Verbakel, Armin Mola, Fania Sorel, Koen Verledens
Deux entrepreneurs au sommet de leur gloire apprennent que leurs malversations vont être révélées.
Notre avis : ★★
Dust nous renvoie – acte très loin de nous déplaire – à un cinéma passé de mode, presque disparu de nos écrans, proche de ce qui fut l’une des marques de fabrique du cinéma américain des années 70, un cinéma d’atmosphère. Anke Blondé alimente ce qui pourrait s’apparenter à un thriller d’ingrédients fort simples. Elle s’intéresse de très près à ses deux personnages principaux, à ce qu’ils ressentent, ce qu’ils vivent au présent, ce qui leur traverse l’esprit dans un instant de grand stress, quand le précipice les attend. Peu à peu, leurs esprits se remplissent de confusion, ils se placent dans une grande urgence, leurs pensées et leurs agissements se tournent instinctivement vers une recherche d’essentiel, au présent, mais aussi en lien avec ce qui compte réellement pour eux. Il s’agit dés les premiers instants d’installer une atmosphère, de la maintenir et par instant de la renforcer par petites touches, quelques détails subtils et autres éléments narratifs qui s’invitent ici ou là pour mieux cerner ces êtres si humains, semblables et différents tout à la fois, unis, attachés, mais aussi, chacun avec ses aspérités, son quotidien, ses ressentis. La réalisatrice parvient par une mise en scène inventive, des cadres glissants pour faire ressortir le moindre signal perçu par ces chefs d’entreprise sur le point de tout perdre, y compris leur dignité, à conférer au film une cohérence et une unité remarquable. Ce cinéma stagne, volontairement, pour laisser la place à des renouvellements, à des rebonds permanents, et vise à renouveler l’intérêt du spectateur, qui au delà de la pure intrigue politique, se voit proposer deux portraits assez intenses, d’une grande précision. Ce très bel exercice de style, tout en maîtrise, pâtit cependant d’un rythme qui, du fait du concept poussé à son extrême – cette opiniâtreté à ne pas vouloir quitter les personnages, à ne pas accélérer le temps, à ne pas introduire d’éléments de diversion – finit par s’essouffler malgré les qualités d’interprétations – très seventies là aussi, le grand soin dans l’image et le son, et, disions-nous, le questionnement très existentiel que le film amène.

