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Cinco minutos más de Javier Ruiz Caldera

Un film de Javier Ruiz Caldera

Avec: Berto Romero, Belén Cuesta, Javier Cámara, Carlos Bernardino, Marc Soler Rull, Cláudia Mello, Puchi Lagarde, Tian Tosas, Nia Tosas

Un couple en crise s’offre un week-end à la campagne dans une maison isolée. À peine l’agent immobilier leur a-t-il remis les clés que tous trois se retrouvent prisonniers d’une boucle temporelle qui répète à l’infini les cinq dernières minutes. Ils vont devoir apprendre à vivre – et plus d’une fois – avec les conséquences de leurs actes, rarement pour le meilleur, souvent pour le pire.

Notre avis : ★★★★

Javier Ruiz Caldera s’empare d’un principe maintes fois exploité au cinéma: la boucle temporelle, pour l’appliquer à un couple en crise dans un récit qui transforme progressivement la répétition en métaphore de leur relation.

Mais l’intérêt du film ne réside pas uniquement dans ce principe, il se trouve surtout dans la manière dont chaque boucle est mise en scène. Chaque nouvelle répétition donne naissance à un plan-séquence différent, qui se réinvente constamment. La caméra suit un personnage, s’installe dans une voiture, abandonne un protagoniste pour se concentrer sur un autre ou s’élève en drone lorsque la distance l’exige, sans jamais véritablement casser le rythme. Le split screen permet même de suivre plusieurs personnages lorsqu’ils sont séparés. Un procédé qui prend alors une dimension symbolique, l’image se divise au moment où la confiance entre les protagonistes se fissure.

Cette mise en scène demande une direction d’acteurs particulièrement précise. Chaque déplacement doit être parfaitement maitrisé pour que les longs plans puissent fonctionner sans donner l’impression d’un simple exercice technique. Cette fluidité permet au film de rester nerveux malgré un principe fondamentalement répétitif. Cinco minutos más est étonnamment bavard. Les dialogues s’enchaînent, les situations se multiplient et les personnages ne cessent de bouger. Cette agitation empêche la boucle de se transformer en mécanique lassante et maintient constamment l’attention du spectateur.

À mesure que les boucles s’accumulent, le film dessine une métaphore assez évidente de la routine conjugale: les mêmes gestes, les mêmes paroles, les mêmes erreurs qui reviennent jusqu’à l’épuisement. C’est pourquoi, la fin du dispositif possède une véritable portée symbolique. Lorsque les boucles prennent fin, les coupes classiques réapparaissent. Les personnages ont accompli une chose ensemble et surtout retrouvé une forme d’unité. Là où le plan-séquence les contraignait à évoluer dans un même continuum, le montage peut de nouveau respirer.

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