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#Deauville2015 Un premier point sur la compétition

Le festival de Deauville 2015 suit son cours et nous livre comme à son habitude un pouls du cinéma américain qu’il soit indépendant, de genre (la compétition) ou issu des grands studios (les premières). Nous revenons ici sur les premiers films en compétition et vous livrons notre sentiment sur une sélection qui si elle n’est pas exceptionnelle conserve un niveau d’ensemble tout à fait honorable.

99 homes *(*)

99 homes met en scène un Michael Shannon cynique et avide, dans une anti-fable tout aussi cynique à charge contre l’American Dream. Les détails cependent ne suivent pas, et le film paraît plus fabriqué que crédible.

http://youtu.be/0tDPBH5v0VI

  Cop car *(*)

Cop car est dans la tradition des films américains où les armes à feu tiennent une place importante, et où le regard décalé est nécessaire pour renouveller le genre. Ici, l’innocence de deux enfants en fuite permet au scénariste de donner libre court à son imagination pour proposer des rebondissements improbables, pour un résultat plutôt divertissant, à défaut d’être profond ou subtil.

http://youtu.be/CuOWntybuso

Day out of days **(*)

Day out of days

Day out of days propose le portrait d’une actrice à la renommée en déclin et qui se cherche un chemin après une première partie de carrière marquée par un succès précoce et facile, et une starisation qui décontenance. Ce sujet est surtout l’occasion pour Zoe Cassavettes d’écrire (avec Alexia Landeau) un rôle taillée sur mesure pour Alexia Landeau, et de dépeindre un pan de l’industrie hollywoodienne et de Los Angeles très artificiel et qui porte à railleries, tout en filant un portrait de femme en proie au doute, à sa propre évolution.

Dixieland **

Dixieland nous propose un portrait d’un jeune homme qui sort de prison et tente de se réadapter à la vie, dans le Sud de l’amérique et un univers White Trash où la drogue semble souvent le seul espoir de réussite. Le portrait est intéressant, tout comme les inserts qui rythment le film, interviews de vrais habitants de ces contrées dont le visage est marqué, et les drames leur quotidien. Le filme se joue de l’espoir pour porter un propos amer et quelque peu désabusé.

James White **

James White est un premier film qui s’intéresse à un très douloureux sujet, l’errance d’un jeune homme qui se voit obligé d’assister sa mère en phase terminale de cancer juste après avoir perdu son père. Le film embrasse deux perspectives complémentaires, la première s’attache au portrait d’un jeune homme en manque de repères et de certitudes en lutte avec ces démons, son comportement impulsif, l’intériorisation de ses sentiments, sa difficulté à s’adapter à une vie ordinaire,  quand l’autre vise à montrer l’agonie et la rudesse du système de santé américain.  Ce drame plutôt poignant peut réveiller des douleurs pour des personnes qui ont connu une épreuve similaire.

I Smile Back **

I smile back propose un portrait d’une femme qui lutte contre ses démons et ses souffrances intérieures. Un sujet délicat qui nous vaut deux avis dissonnants: l’un de nos critiques a apprécié le traitement subtil et juste du sujet, un autre n’a que modérément apprécié le récit proposé.

Tangerine **(*)

Tangerine est un film à un très faible budget tourné avec un iPhone qui s’attache à un sujet généralement laissé de côté. Le réalisateur, qui aime à citer pour référence le Bad Lieutenant d’Abel Ferrara et se décrit comme un réalisateur urbain, s’attache à mettre en lumière les quartiers et les personnes oubliées de Los Angeles, qui pourtant composent la ville. L’occasion aussi de mettre en débat la transphobie qui sévit actuellement. Le film tire profit de son peu de budget, pour compenser le grain de l’image et la qualité de l’audio, en obligeant à une forme décalée, frénétique, saturée et peu usuel, si ce n’est dans des productions à plus grand budget qui ont pour parti pris d’en mettre plein la vue. Outre ces quelques qualités de forme, le scénario s’avère astucieux et l’énergie des deux actrices principales jaillit de l’écran en de nombreux instants. En ceci, le réalisateur a réussi le défi que l’une d’elle lui a lancé pour participer au projet: ne pas trahir la vérité, la dureté de la condition des transsexuelles, mais aussi ne pas occulter l’humour et l’énergie dont elles font preuves au quotidien.

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